vendredi 11 février 2011

Un pied au paradis - Ron Rash


Ce premier roman a eu un très beau succès lors de sa sortie en 2009. Sa reprise en poche m’a donné une occasion de le découvrir. Résultat, je me suis ruée acheter le second, Serena, qui vient de paraître…
Un pied au paradis est publié dans la collection Policier, mais on s’aperçoit très vite à quel point l’étiquette est réductrice : roman noir certainement, mais surtout roman des grands espaces, roman de la modernité destructrice, galerie passionnante de portraits, texte choral offrant progressivement les pièces du puzzle…

Début des années cinquante, nous somme à Oconee dans le sud des Appalaches, un territoire anciennement habité par les Cherokees, une terre sauvage et agricole que ravage la sécheresse. D’ici peu, le destin des centaines d’habitants sera bouleversé : la compagnie d’électricité Carolina Power va engloutir la vallée pour en faire un immense lac artificiel.
Les premières pages nous présentent Holland Winchester, jeune vétéran, qui fait le malin dans un bar, exhibant les oreilles de ses victimes et provoquant à tout va. Le shérif Will Alexander, habitué à cette rengaine, vient calmer les esprits et en repart un peu blasé.
Mais le lendemain, la mère d’Holland l'appelle car son « petit » a disparu : il a été assassiné, elle en est sûre - un coup de feu a retenti dans le champ voisin. Alexander part interroger Billy Holcombe mais, sans corps ni témoin, il n’y a pas de meurtre et l’enquête tourne vite en rond.

Première voix à s’exprimer, celle du shérif livre bien plus que son point de vue sur l’enquête. Car là est le talent de Ron Rash qui fait se raconter chacun de ses protagonistes. Issu d’une famille de cultivateurs de tabac, Alexander a cru échapper à sa condition en épousant la jolie fille du médecin et en acceptant la bourse offerte par l’université pour ses talents de sportif. Mais la guerre, une blessure, la ruine de son beau-père et la stérilité de son couple vont faire échouer tous ses projets. Et c’est un homme désabusé qui parle : en froid avec son père et son frère, enfermé dans un couple qui ne fonctionne plus, atterré par ce qui arrive à sa région…

Le kaléidoscope se complète par les récits de la voisine Amy Holcombe, de son mari Billy, de leur fils des années plus tard, et de l’adjoint du shérif. Chaque perspective apporte des éléments nouveaux et un éclairage différent sur la disparition d’Holland Winchester, restituant ainsi les événements dans toute leur complexité. On voit alors se tisser peu à peu un drame profondément humain, fait de désir, de convoitise et de jalousie.
Mais davantage que cette affaire criminelle, chaque voix nous narre des histoires individuelles, des histoires de couples et de familles, des histoires de paysans accrochés à leurs terres… Ron Rash nous présente des personnages tout à la fois attachants et terrifiants, aimants et intransigeants, bons et méchants.

Un pied au paradis est un récit très fort, roman de l’échec, de la chute qui ne peut être qu’inéluctable. Une vraie découverte.


Un pied au paradis, Ron Rash (Le Masque, 340 pages, 2009 / Livre de Poche, 320 pages, 2010)
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez


lundi 7 février 2011

Dolce vita 1959-1979 - Simonetta Greggio


1960, La Dolce Vita de Federico Fellini est projeté en avant-première à Rome : ceux qui ne partent pas avant la fin huent copieusement. Et pourtant, pour ce que le film évoque, pour son parfum de scandale, le public se rue dans les salles et la Palme d’or vient le récompenser. Ce surprenant succès est à l’image du besoin de libertés qui va animer les années soixante et soixante-dix.

2010, le vieux prince Emanuele Valfonda convoque dans sa villa de l’île d’Ischia son confesseur, Saverio, fils d’employés de la famille devenu prêtre après une jeunesse agitée. « Malo » ne cherche pas l’absolution : il veut faire le point, dire ce qui doit être dit et faire une révélation à Saverio. Ce dernier ne goûte pas cette longue évocation de souvenirs et entretient une animosité tenace – et étrange – à l’encontre du prince.

Le riche aristocrate raconte sa vie débridée : les nuits mondaines, les rencontres inouïes, les femmes, les drogues… et au final, on sent poindre la tristesse de n’avoir pas su voir ce qui en valait vraiment la peine.
Plus que son parcours, c’est celui de l’Italie qu’il tente de nous décrire : son histoire culturelle bien entendu – en commençant par le néoréalisme et ses égéries –, mais surtout l’histoire politique, celle de l’après-guerre et des années de plombs. Se croisent alors les Brigades rouges, la mafia, Aldo Moro, les organisations d’extrême droite comme Ordine nuovo, Giulio Andreotti, la troublante loge franc-maçonnique P2, Pier Paolo Pasolini, le Vatican, Silvio Berlusconi… pour ne citer que les plus connus.
C’est certainement un aspect difficile pour le lecteur qui ne maîtrise pas l’Italie des cinquante dernières années : les acteurs sont mentionnés rapidement, vont et viennent dans le récit, sans explications conséquentes. C’est à mon sens le problème de Dolce vita : ni roman ni document, le mélange des genres ne sert pas le projet de Simonetta Greggio. Journaliste, elle a, avec l’aide d’une documentaliste, enquêté et rassemblé une masse d’informations pendant deux ans. L’idée étant ensuite de dégager les liens malsains, les imbrications terrifiantes (le poids de la P2 par exemple), les manipulations, et de donner les versions officieuses – tellement plus convaincantes que les officielles – de maintes affaires (Moro, l’attentat de la gare de Bologne…).
Tout cela, en alternant avec les souvenirs plus intimes du comte, ceux plus rares de Saverio, et leurs échanges en 2010…

Malheureusement, cette construction ne fonctionne pas aussi bien que prévu : les aspects romanesques sont en définitive assez attendus (on se doute bien vite du genre de révélation que veut faire don Emanuele), et les aspects documentaires insuffisamment détaillés nous laissent sur notre faim. Ils ouvrent des pistes passionnantes mais passent trop vite à la suivante. J’aurais en fait préféré un pur ouvrage de journaliste, fouillé et étayé.
Ce roman hybride n’en reste pas moins passionnant pour les nombreux éléments qu’il nous livre, pour les innombrables anecdotes, les extraits des textes de Franca Rame, etc.

Il faut admettre une limite de taille à mon jugement un peu dur : l’Italie est un sujet que j'affectionne, et cette période tout particulièrement. Il est donc fort possible que mon insatisfaction viennent de là; et que le lecteur moins concerné y voie un texte dans l’ensemble très cohérent apportant une bonne vision d’ensemble. Il est aussi possible qu’il s’y perde totalement ! J’attends des avis de lecteurs…


Dolce vita 1959-1979, Simonetta Greggio (Stock, 416 pages, 2010)

mardi 1 février 2011

La Trilogie berlinoise - Philip Kerr


Les éditions du Masque ont eu la bonne idée de reprendre dans ce gros volume les trois premiers épisodes de la série policière de Philip Kerr, dont le héros, Bernie Gunther, est un ancien membre de la Kripo (Kriminalpolizei, police criminelle), devenu détective privé. J'ai ainsi pu découvrir, comme beaucoup d'autres lecteurs, ces trois romans publiés à la fin des années quatre-vingts.

Le premier, L’été de cristal, se déroule en 1936 : alors que se préparent les Jeux olympiques de Berlin, et que tout est mis en œuvre pour rendre Berlin « présentable » aux puissances mondiales. Cet épisode et le suivant, La pâle figure qui se situe en 1938, mettent notamment en scène la montée en puissance des SS, les luttes de pouvoir au sein des instances dirigeantes, l’installation du nazisme, et bien entendu la course à la guerre. On imagine comme cet univers du IIIe Reich est glaçant pour le lecteur : les propos tenus par certains peronnages, les rencontres de Bernie avec Goering et Heydrich…
Philip Kerr est extrêmement bien documenté : la reconstitution historique est minutieuse, tant pour les habitudes allemandes de l’époque, la géographie de Berlin des années quarante, que pour les rapports entre hiérarques du national-socialisme.

Le troisième opus, un Requiem allemand, débute en 1947 dans Berlin ravagé par la guerre et divisé en secteurs d’occupation. C’est une ville et un héros radicalement différents auquel nous avons à faire : Berlin est en ruines, en proie au marché noir et à la prostitution ; les populations sont soumises aux privations et aux exactions de certains soldats. Les forces en présence, principalement Russes et Américains, bataillent pour la domination de la ville et Bernie se trouve pris dans de sombres histoires d’espionnages.
Enfin, la dénazification du pays suscite bien des remous : les identités valsent, les faux certificats (de « non-nazisme ») s’échangent à prix d’or – les plus impliqués s’en sortant souvent…
Ce roman, bien plus sombre que les précédents, les complète admirablement : tel un terrible avant/après.

Je n’ai évoqué ici que les aspects historiques car, vous l’aurez compris, cette Trilogie berlinoise vaut avant tout pour ses qualités quasi-documentaires. en ce sens, les enquêtes de Bernie, bien menées quoique parfois tirées par les cheveux, semblent être plus un moyen qu’une fin en soi. Néanmoins, les amateurs de polars y trouveront leur compte, je pense.
Une lecture addictive qui m’a donné envie de me plonger dans les épisodes suivants…


L'Été de cristal (1989), La Pâle Figure (1990), Un requiem allemand (1991)
Réunis dans La Trilogie berlinoise, Philip Kerr (Le Masque, 838 pages, 2008 / Livre de Poche, 1024 pages, 2010)
Traduit de l'anglais (Écosse) par Gilles Berton (traduction entièrement révisée)

jeudi 27 janvier 2011

Pierres de mémoire - Kate O’Riordan


Si ce n’est déjà fait, Kate O’Riordan est une romancière à découvrir : Le garçon dans la lune est une véritable petite merveille ; Un autre amour (j'en parle ici) un très beau livre, mais néanmoins légèrement en deçà ; et Pierres de mémoire un très bon cru, que je situerais entre les deux s’il fallait proposer un classement !

Ici, le personnage central est une Irlandaise d’une quarantaine d’années, Nell. Fameuse œnologue, elle vit à Paris depuis vingt ans et y mène une vie cadrée, à l’image de son appartement bien rangé et digne d’un magazine de décoration. Depuis un certain temps, elle est la maîtresse d'un homme marié, vigneron en province : situation qui lui convient parfaitement et lui permet de garder sa chère indépendance.
Mais un coup de fil d’Irlande vient perturber cet équilibre : sa fille Ali aurait des ennuis… Nell, qui n’est jamais retournée dans son pays d’origine depuis son départ, se voit alors contrainte de prendre le premier avion pour rejoindre la campagne irlandaise. Ali y tient avec son compagnon et sa fille le pub familial hérité de sa grand-mère.
On découvre rapidement une énorme fracture entre mère et fille : outre des différences évidentes de styles de vie, un conflit ancien oppose les deux femmes.
Néanmoins, malgré l’hostilité larvée d’Ali, et face à la situation sur place (que je vous laisse découvrir…), Nell choisit de rester : en premier lieu, pour résoudre ce problème et s’occuper de sa petite-fille, mais aussi – peut-être sans le savoir au départ – pour dépasser les vieilles rancœurs et les vieilles incompréhensions.
Le voile se lève peu à peu sur ces dernières et on reconstitue ainsi l’histoire tourmentée de Nell : la compréhension du passé venant dénouer le présent…

Comme d’habitude, Kate O’Riordan fait preuve d’une sensibilité étonnante et d’une formidable finesse psychologique : elle sait dépeindre ses personnages dans toute leur complexité, avec leurs faiblesses et leurs ambivalences ; enrichissant ainsi indéniablement la force de son récit. Certes, on frôle parfois le mélo et certains personnages secondaires sont un peu caricaturaux, mais l'ensemble n'en est pas moins très fort et offre une très belle lecture.


Pierres de mémoire, Kate O’Riordan (Joëlle Losfeld, 352 pages, 2009)
Traduit de l'anglais (Irlande) par Judith Roze

jeudi 20 janvier 2011

Le Cœur glacé - Almudena Grandes


Grande fresque familiale : l’expression peut faire redouter le pire, du type mélodrame plein de bons sentiments. Mais loin de là, il s’agit ici du meilleur ! Il est vraiment rare que le terme « chef-d’œuvre » s’impose à moi… Avec Le Cœur glacé, ce fut le cas très rapidement – et les dernières dizaines de pages, un peu moins convaincantes, ne peuvent suffire à me faire changer d’avis.

Cet ambitieux – et énorme – ouvrage retrace les itinéraires de deux familles espagnoles, les Carrión et les Fernandez, depuis le début du XXe siècle. Tout semble les opposer : milieu populaire rural contre grande bourgeoisie madrilène, opportunistes devenus franquistes contre farouchement républicains, enrichis sous la dictature contre expatriés en France ruinés…
Et pourtant, en 2005, suite à l’enterrement du doyen Julio Carrión, riche homme d’affaires, son fils Álvaro et la jeune Raquel Fernandez Perea font connaissance. De là, Almudena Grandes déroule leurs histoires, passées et présentes, et celles de leurs familles, révélant ainsi lentement leurs imbrications.

Le Cœur glacé est extrêmement bien construit : les séquences temporelles s’échelonnent entre 1905 et 2005, et les allers-retours nombreux sont finement agencés, de manière à éclairer chaque fois un nouveau pan des personnages et des histoires familiales. Les deux arbres généalogiques sont d’ailleurs bien utiles pour s’y retrouver.

Almudena Grandes a fait de nombreuses recherches pour ce projet et livre ainsi un texte formidablement documenté et, donc, éminemment intéressant sur le destin de l’Espagne et des Espagnols au XXe siècle. Il est évidemment question en détails de la guerre civile, mais pas seulement : de la situation au début du siècle, des espoirs républicains, de la division azul partie se battre aux côtés des Allemands, du franquisme, des camps de réfugiés en France, de l’installation des émigrants dans les années 1940, de la mort de Franco et de ses conséquences, du développement économique des années 1980, de la permanence d’une certaine classe réactionnaire, de la difficulté à être fils d’exilés en France… Cette thématique qui m’intéresse particulièrement est d’ailleurs très finement traitée, tout comme celle, corollaire, de l’éventuel retour. À l’image du roman qui est d’une grande sensibilité, chacun est dépeint subtilement, dans toutes ses aspérités.
Quant à l’écriture, elle parvient à être fluide et sophistiquée, tantôt plus simple, tantôt plus élégante.

Je pourrais me perde en considérations variées sans parvenir à dire tout le bien que je pense de ce roman… Pour résumer : j’aurais aimé qu’il soit interminable. Une lecture exceptionnelle.


Le Cœur glacé, Almudena Grandes (JC Lattès, 950 pages, 2009 / Livre de Poche, 2 tomes, 768 et 640 pages, 2010)
Traduit de l’espagnol par Marianne Millon

mardi 18 janvier 2011

La Reine des lectrices - Alan Bennett


Conte, farce, métaphore ? Encensé par les critiques et les libraires comme « réjouissant », ce petit livre met en scène la reine d’Angleterre découvrant soudainement la lecture et ses plaisirs.
Tombée par hasard sur un bibliobus dans la cour de Buckingham Palace, voulant flatter son conducteur, et ne pas révéler ses lacunes en matière de littérature au jeune Norman Seakins, simple valet qui adore lire, Elizabeth II repart donc avec un volume sous le bras. S’enclenche un changement progressif et exceptionnel : la reine voit différemment la vie, le monde et les gens qui l’entourent. Ses priorités sont bouleversées et les engagements royaux lui deviennent pesants… Elle recrute même Norman pour la conseiller et l'assister dans sa passion naissante.
Une nouvelle sensibilité, de nouvelles connaissances et une nouvelle manière de penser s’ouvrent alors à elle. Et ce n’est pas fait pour plaire aux intendants du palais, secrétaires et autres ministres !

Le texte est plutôt agréable à lire. Certains passages sont particulièrement savoureux – comme les remarques la personnalité des écrivains, bien moins agréables que leurs œuvres !
Mais au final, La Reine des lectrices m’a semblé fade et n’a pas éveillé grand-chose en moi. Une fable/farce parfaite pour égayer un voyage de quelques heures, mais pas davantage.


La Reine des lectrices, Alan Bennett (Denoël, 176 pages, 2009 / Folio, 124 pages, 2010)
Traduit de l’anglais par Pierre Ménard

vendredi 10 décembre 2010

Rosa candida - Audur Ava Ólafsdóttir


Cela doit faire une bonne semaine que j’ai terminé ce livre et je n’arrive toujours pas très bien à « évaluer » ce que j’en pense. De prime abord, je serais plutôt mitigée, surtout à cause de la candeur du texte (tant dans le ton que dans les propos). Et pourtant, dès qu’il s’agit d’expliciter un peu ou de raconter l’histoire, seules des images positives me viennent en tête… Je vais donc essayer de démêler tout ça !

Au tout début du roman, Arnljótur, 21 ans, et qui ne connaît du monde que son Islande natale, se prépare à quitter le foyer familial et à laisser derrière lui son père âgé et son frère jumeau autiste, Joseph, qui vit dans un foyer depuis le décès de leur mère. De cette femme énergique et bien plus jeune que son mari, Arnljótur a hérité la passion des fleurs, plus particulièrement des roses. Dans leur serre, tous deux les cultivaient avec soin, notamment la variété rarissime de Rosa candida à huit pétales.
C'est dans cette même serre qu'un soir il a rapidement mis enceinte Anna, l'amie d'un ami. Il laisse donc aussi derrière lui la petite Flóra Sól et Anna qu’il connaît en fait à peine. Il ne s’agit pas de l’homme qui abandonnerait lâchement sa famille ; mais plutôt d’un jeune garçon très innocent qui assume son rôle et aide financièrement, mais ne réalise pas très bien la réalité de cette enfant…
Car l’amour de la nature et l’envie de découvrir d’innombrables variétés de roses le conduisent malgré tout à partir sur le continent, avec pour but un vieux monastère riche d’une magnifique roseraie quasiment à l’abandon.

Sur sa longue route, le jeune homme ne rencontre que des personnages éminemment généreux, partageant avec lui la même naïveté, la même simplicité. Après un parcours qu’on pourrait qualifier d’initiatique, il arrive dans le petit village isolé que surplombe le monastère. Là, il s’installe rapidement dans une douce monotonie : la journée, il redonne vie à ce magnifique jardin oublié et, le soir, après un dîner savoureux à l’auberge, il regarde un film avec le très cinéphile frère Thomas.
Mais cette routine est perturbée quand débarquent Anna et Flóra Sól. Car Anna a besoin d’aide pour se consacrer à la rédaction de son mémoire. Arnljótur gère au mieux cette nouvelle situation et découvre jour après jour sa fille, le bonheur de sa paternité, la joie de cuisiner pour les deux femmes… Et étrangement, peu à peu, se construit une étrange et improbable vie de famille.

De jolies rencontres, des personnages intéressants, une histoire très poétique et curieusement sereine. Mais l’état de perpétuelle découverte du héros et son indéfectible candeur m’ont lassée, et même exaspérée. Au final, un charmant roman d’apprentissage : et, là où j’ai vu de la naïveté, certains ne verront certainement que douceur…


Rosa candida, Audur Ava Ólafsdóttir (Zulma, 336 pages, 2009)
Traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson